Philosophie et smiotique de la traduction Confrence VIII

Philosophie et smiotique de la traduction Confrence VIII

Philosophie et smiotique de la traduction Confrence VIII L'orientation smiotique des recherches. Questions discuter: 1. Pour une linguistique du texte base de smiotisme et smiotme. (Larose 1989) 2. Tentatives d'incursions de linguistes dans le domaine de la smiotique. (Hatim & Mason 1990)

3. Dmarches triadiques en marge de la smiotique. (Seleskovitch & Lederer 1994) 4. Le cheminement thorique d'un professionnel. (Bleton 1991) Sources: Robert Larose, Thories contemporaines de la traduction, 1989 Marianne Lederer, La traduction aujourdhui, Le modle interprtatif, 1994, Paris, Hachette Claude Bleton, Compte-rendu du sminaire de traduction de la Complutense, de mai 1991,

document dat du mercredi 5 juin 1991 Basil Hatim et Ian Mason: Discourse and the Translator, 1990. 1. Pour une linguistique du texte base de smiotisme et smiotme. (Larose 1989) Cette volution transparat galement avec clart travers ltude des Thories contemporaines de la traduction, qui constitue le "premier essai critique" dans ce domaine, et

dans lequel le linguiste canadien Robert Larose analyse les lments constitutifs des discours sur la traduction au cours des vingt-cinq dernires annes, en particulier ceux de Vinay et Darbelnet, Mounin, Nida, Catford, Steiner, Delisle, Ladmiral et Newmark. suite Louvrage de Larose sinscrit en linguistique du texte, champ privilgi de la traductologie. Cette prcision permet de situer sa dmarche dans le contexte dominant depuis la seconde moiti du XX-me sicle.

Cest donc dans une optique fondamentalement linguistique, quil considre comme lune des principales sources dtude de la traduction, que Larose dbute ses travaux. Mais aussitt, il soriente vers dautres disciplines: mettant tout dabord laccent sur ses proccupations smantiques, il passe rapidement outre les bornes de la science de langage pour sinvestir dans la science des signes suite la traductologie ne se limite pas la frontire des textes, ni leur "dire". Elle

porte sur le smantisme et le smiotisme des textes paroliss. Comme la forme et le contenu sont indissociables, la traduction doit simuler une pratique d'criture o s'entrelacent sens et signe. suite Les thories linguistiques imprgnent manifestement l'ensemble des questions de traduction, et l'approche de Larose ne fait pas exception la rgle. Mais c'est vers d'autres horizons que s'orientent les perspectives

d'aujourd'hui, et notamment vers la science des signes, laquelle se prsente d'ailleurs sous un jour que vient souvent troubler une attitude d'esprit traditionnellement dualiste. suite Il semblerait plutt que ce soit prcisment en se fondant sur les mmes principes philosophiques de la dualit que les chercheurs sinvestissent dans la smiotique. Dans le cas prsent, Larose forge le nologisme smiotisme quil associe smantisme, et ces

deux termes rappelent irrsistiblement lopposition rhtorique des connotations smiotiques et smantiques de Ladmiral, que nous avons voques prcdemment. Il semble ainsi crer, une dichotomie de plus. suite Larose prcise que par smantisme, Benvniste entend le systme des signifiances notionnelles et, par smiotisme, la matrialit des instruments de communication prsents dans une langue. Ce faisant, il adopte une nouvelle

dyade, fonde sur lopposition classique du signifiant au signifi, et la smiotique laquelle il rfre dvoile ainsi son obdience saussurienne, ou plutt greimassienne puisque cest Greimas qui est responsable de la smiotique dualiste. suite Cependant, Larose nest pas de ceux qui se plaisent diviser les concepts en deux ples contradictoires. Au contraire, selon lui: Il serait erron de vouloir ramener la paire traduction

littrale/traduction libre une polarisation, plutt qu' une complmentarit. La question, en effet, n'est pas tant de savoir s'il faut traduire littralement ou librement, mais celle de traduire exactement. Lauteur prcise que "tout au long de l'histoire, la manire de traduire a t dicte en fonction de deux ples conflictuels: le premier opposant la traduction littrale, donc fidle, la traduction libre, ou aux "belles infidles", et le second, la primaut du fond celle de la forme." suite En remplaant les assertions exclusives

il faut traduire littralement et il faut traduire librement , par il faut traduire exactement , il ne fait visiblement que repousser le problme. Car traduire exactement signifie-t-il traduire de faon littrale ou libre? suite Larose ne se satisfait pas de dichotomies, et il volue vers une smiotique. Poursuivant son introduction, lauteur tablit quil est erron de postuler a priori la priorit du fond sur la forme , et en vue de dpasser ce type

dapproche binaire, il propose le concept de traduction tlologique: L'exactitude d'une traduction se mesure l'adquation entre l'intention communicative et le produit de la traduction. C'est ce que nous avons nomm la traduction tlologique. Aucun idal de traduction n'existe hors d'un rapport de finalit. suite Cest donc la finalit de la traduction qui en conditionne la nature. En prenant ainsi du recul par rapport la traduction pour en saisir toute la porte, lauteur adopte une perspective

pragmatique: dans chaque cas, il faut tablir un quilibre entre lintention originale et le texte traduit. De ses commentaires, nous mentionnerons ceux qui concernent le concept dunit de traduction, dont il reconnat limportance dans un premier temps, avant de se montrer plus critique. Les quatre types d'units que distinguent Vinay et Darbelnet ne lui semblent pas irrprochables, et cest finalement le concept mme quil remet en cause en proposant de lui substituer la notion d'unit smiotique, ou "smiotme" suite

Ce ne sont donc pas des units linguistiques que lon traduit, mais des messages, cest--dire des units smantiques: en soulignant cet aspect, lauteur veut dnoncer la prpondrance du signifiant, qui devrait cder la place au signifi: de la sorte, on sacheminerait vers des units smiotiques. En faisant du smiotme lunit signifie ou lunit du sens, cest du ct de la smantique que lon soriente, mais certainement pas de la smiotique. Il rsume ses propositions dans le tableau rcapitulatif qui prsente son modle intgratif de la traduction. suite

La dmarche qui a prsid llaboration du schma, lequel pourrait dailleurs, servir de base une traductomtrie, permet lauteur de mettre laccent sur trois aspects fondamentaux: le caractre asymtrique du concept dquivalence, le caractre approximatif de la traduction, et le fait que le rapport gain-perte en traduction est textuellement et culturellement dtermin. 2. Tentatives d'incursions de linguistes dans le domaine de la smiotique. (Hatim & Mason 1990)

La volont dinvestir la smiotique en qute dun fondement thorique qui puisse assumer la complexit vivante du phnomne traductologique, resurgit dans le livre publi en 1990 par Basil Hatim et Ian Mason: Discourse and the Translator. suite Les auteurs expriment leur dsir de contribuer rduire le foss qui spare depuis trop longtemps la thorie et la pratique, et ils estiment que les rcentes contributions inspires de diverses disciplines

permettent dsormais denvisager la traduction this important area of applied linguistics research de faon globale et plus raliste. Ils dfinissent le texte comme une transaction communicative, et leur dmarche se fonde sur the notion of translation as communicative discourse suite Bien quils reconnaissent les mrites des travaux de Nida sur lquivalence formelle et dynamique, ils prfrent ces concepts celui plus pragmatique dquivalence deffet intentionnel [equivalence of intended effect], et ils suggrent

dans la foule quil pourrait tre utile de rflchir aux problmes de traduction en termes dadquation plutt que dquivalence. Dans la mme veine, ils soulignent lmergence et la prpondrance de critres pragmatiques comme le type du discours de dpart et leffet sur le lecteur darrive, puis reprennent la critique dHenri Meschonnic qui reproche Nida de sparer trop nettement le style du sens, et adhrent la mtaphore de Steiner selon laquelle: 'The translator invades, extracts, and brings home.' suite Ils laborent par ailleurs un modle de la

communication qui met en vidence trois variables: it involves the reader in a reconstruction of context through an analysis of what has taken place (field), who has participated (tenor), and what medium has been selected for relaying the message (mode). Cest sur ce modle tripartite quils se fondent pour distinguer trois dimensions contextuelles, en raction lanalyse de la register theory . suite Ces trois dimensions sont - communicative,

pragmatique et smiotique, elles sont tudies en dtail, et les auteurs dmontrent leur interdpendance. Bien que dune part nous ayons affaire une tripartition, et que dautre part apparaisse le terme smiotique, on ne retrouve pas, dans lemploi qui en est fait, la logique triadique de la science des signes. suite Mais, il convient de le souligner, les auteurs ne prtendent pas non plus explicitement appliquer la

smiotique ltude du contexte. Il semblerait plutt quil sagisse de proposer de nouvelles perspectives linguistiques qui ouvrent le domaine de la science du langage sur les ralits des transactions communicatives, des actions pragmatiques, et des interactions smiotiques. suite Les auteurs assimilent purement et simplement la smiotique la smiologie en en faisant deux synonymes. Les efforts des auteurs pour introduire la smiotique en traductologie sont des plus louables, et on peut dire que

dune faon gnrale, ils sorientent dans la bonne direction; mais le chemin est sinueux. En essayant de rconcilier des thories trop diffrentes, ils laborent avec clectisme leurs propres conceptions, qui sont singulirement marques par un caractre htroclite et disparate, presque discordant. 3. Dmarches triadiques en marge de la smiotique. (Seleskovitch & Lederer 1994) Cette tendance, qui consiste aborder les questions de traduction dans une perspective triadique - en faisant le

lien entre des concepts qui jusque l sexcluaient, en saisissant le dynamisme des objets tudis, en tant quasiment imprgn de la logique volutive des trois catgories-, saffirme de faon croissante dans de multiples ouvrages. Et cest encore fondamentalement cette mme orientation qui, nous en sommes convaincue, dtermine la qualit et loriginalit tout fait remarquables de la thorie interprtative de LE.S.I.T., que nous devons notamment Danica Seleskovitch et Marianne Lederer, et qui compte aussi aujourdhui de nombreux autres adeptes et promoteurs.

suite Le livre le plus rcent quelles aient publi nous rappellera lessentiel de cette brillante approche: dans La traduction aujourdhui, Lederer donne en effet une vue gnrale et structure du modle interprtatif. Postulant au dpart que tout est interprtation , qu on ne peut pas traduire sans interprter , et que le dnominateur commun toutes ces traductions est la recherche du sens et sa rexpression, lauteur rsume les principales caractristiques des conceptions de lE.S.I.T.:

suite La thorie interprtative (...) a tabli que le processus [de la traduction] consistait comprendre le texte original, dverbaliser sa forme linguistique et exprimer dans une autre langue les ides comprises et les sentiments ressentis. suite On voit que nous avons affaire ici une articulation en trois temps dont loriginalit rside

visiblement dans la seconde tape de dverbalisation, qui est fondamentale. Au coeur de la thorie interprtative, elle incarne une conception dynamique de lactivit traduisante qui remet en cause les traditionnelles approches dualistes. La traduction ne se rduit pas un phnomne double, contrairement ce que laissent penser maintes prsentations. suite En ralit, lopration de traduction nest pas la mme selon que lon traduit des mots, des

phrases ou des textes , et Lederer est par consquent amene distinguer la traduction interprtative de la traduction linguistique: Jenglobe sous lappellation traduction linguistique la traduction de mots et la traduction de phrases hors contexte et je dnomme traduction interprtative, ou traduction tout court, la traduction des textes. suite Cest donc pour prendre le contre-pied du courant dominant de la linguistique, pour

proposer des rponses aux questions quelle ne semble pas mme de rsoudre, pour laborer des concepts visant rendre compte des ralits vivantes de lactivit traduisante, que la thorie interprtative met en forme ses propres outils thoriques. Les prcisions terminologiques constituent bien entendu un aspect crucial de cette dmarche pistmologique. sute De faon dterminante, laccent porte sur le sens, et comme en cho ce choix, les

notions de verbalisation et de vouloir dire occupent une position centrale. Peut-tre pour souligner que cette caractristique est fondatrice, et quelle prend sa pleine mesure ds lorigine, lauteur cite un texte plus ancien de sa collgue Danica Seleskovitch, qui situe la notion de sens: suite Le sens est un vouloir dire extrieur la langue, antrieur lexpression chez le sujet parlant, postrieur la rception du discours chez le sujet percevant [...]

Lmission de ce sens ncessite lassociation dune ide non verbale lindication smiotique (parole ou geste, peu importe en soi le support qui se manifeste de faon perceptible!) suite Ainsi, il apparat que cest du ct dune rflexion smantique que soriente la thorie de lE.S.I.T., considrant que la traduction doit tre traite sur un plan autre que linguistique. A cette spcificit de la dmarche interprtative semble sajouter ici

implicitement une sorte dopposition entre smantique et smiotique, qui ferait de ce dernier le domaine de la parole ou du geste, ou plutt le domaine des indications non verbales qui sassocient aux ides non verbales pour permettre lmission du sens. suite Le transfert du sens repose ainsi sur la transcendance du vouloir dire, et puisque cest ce niveau qua lieu lessentiel du traduire, il convient de lexaminer avec attention: Le sens dune phrase cest ce quun auteur veut

dlibrment exprimer, ce nest pas la raison pour laquelle il parle, les causes ou les consquences de ce quil dit. Le sens ne se confond pas avec des mobiles ou des intentions. Le traducteur qui se ferait exgte, linterprte qui se ferait hermneute transgresseraient les limites de leurs fonctions. suite Le traducteur doit donc se concentrer sur ce que lauteur exprime dlibrment, et cette prcision soulve bien des problmes de terminologie, dpistmologie et de dontologie: la tche du

traducteur doit tre distingue de celle de lexgte, elle ne doit pas tre une hermneutique. La saisie du sens proprement parler peut tre facilite par la mise en vidence dunits de sens qui rsultent des points de capiton dont parlait Lacan: suite les mots se succdent et, intervalles irrguliers, se produit une sorte de dclic de

comprhension. J. Lacan a parl de point de capiton pour dsigner linstant o les connaissances supposes chez linterlocuteur par celui qui parle se mobilisent chez ce dernier et constituent une unit mentale distincte, une ide. (...) Jai appel unit de sens le rsultat du point de capiton, la fusion en un tout du smantisme des mots et des complments cognitifs. suite On retrouve l encore la tendance actuelle substituer une logique triadique des

thorisations dualistes. Comme fusion du smantisme des mots et des complments cognitifs, comme jonction dun savoir linguistique et dun savoir extra-linguistique dverbalis, lunit de sens incarne une philosophie de la continuit qui vise rconcilier les contraires, souligner leur complmentarit. suite En vue dassumer ce rle, elle peut sadapter toutes les situations textuelles, et se voit donc

dfinie comme le plus petit lment qui permette ltablissement dquivalences en traduction . Ce concept permet ainsi de dpasser le niveau quasiment statique de lopposition du signifiant au signifi, qui fait office dunit de traduction dans la Stylistique de Vinay et Darbelnet par exemple. suite En ce qui concerne les controverses dualistes dans leur ensemble, la thorie interprtative prconise toujours la mme attitude critique,

qui consiste rcuser la validit des diverses dichotomies, et montrer que quels que soient les deux lments en prsence, il est gnralement plus raliste de les apprhender comme les complmentaires dune dialectique, que comme des modalits exclusives. Lederer souligne notamment le caractre erron du duel o fidlit et libert saffrontent mort: suite Le traducteur doit-il tre libre ou fidle? Lalternative ainsi pose est fausse car chacun

de ces termes, fidlit, libert, ambitionne de sappliquer lensemble dun texte, alors que toute traduction comporte une alternance entre des correspondances (fidlit la lettre) et des quivalences (libert lgard de la lettre). suite Marianne Lederer soulve la question de la scientificit de la traductologie, de la linguistique, et des sciences humaines en gnral. Mais elle nentre pas dans les dtails du dbat qui oppose ceux qui les tiennent pour scientifiques ceux qui les croient artistiques, et sattache

avancer quen voulant se prendre pour une science exacte, la linguistique a pour ainsi dire tu le langage en lui tant toute vie. Plutt que de le rduire une forme statique en prtendant ltudier scientifiquement, plutt que daborder les sciences humaines comme des sciences exactes, il conviendrait de leur donner les moyens dapprhender le langage et la langue comme des phnomnes rels et vivants. suite Limportance de la place accorde la terminologie est en outre renforce par le glossaire

tabli la fin de louvrage, dans lequel sont rpertoris les termes cls de la thorie interprtative de la traduction. On y retrouve ces dfinitions que la rigueur dune certaine dontologie impose, et sur lesquelles se construit toute lenqute traductologique. En particulier, poursuit Lederer, la diffrence que je fais entre langue, parole et texte (ou discours) est capitale. suite Elle dfinit la langue comme la somme des lments

verbaux rgis par des rgles dassociation et de changements morphologiques et smantiques dont se sert une communaut, la parole tant la mise en oeuvre dune langue . Dans cette mouvance, le texte original peut tre dfini comme le produit dune interaction entre le traducteur et la matrialit dune chane graphique ou sonore. Il est intressant de noter qu larticle Langue, lauteur crit: La langue a fait lobjet dun si grand nombre de dfinitions quil nest pas ncessaire den ajouter une de plus. En traductologie, le niveau langue est celui de la traduction qui ne sintresse quaux mots, motivations, phrases, compte non tenu de complments cognitifs.

suite On voit que ces dfinitions laissent transparatre une volont de situer lanalyse un niveau, non plus statique, mais dynamique, sur des bases plus constructives qui remettent en question les fondements linguistiques de la traductologie. Ainsi, la perspective pistmologique de la thorie interprtative se construit sur une terminologie labore, et cette dialectique imprgne effectivement chacun des termes

quelle met en jeu. suite Le texte traduire dpasse le cadre de la langue et de la parole, objets statiques de savoir; il est objet dynamique de comprhension. suite La dmarche spcifique dont cet extrait se fait lcho semble visiblement motive par lurgence quil y a dnoncer la dualit, et lui substituer une philosophie

triadique comme fondement logique pour ltude, homogne, et pragmatiste de la traduction. Considrer le texte comme un objet dynamique de pense peut, en effet, tre tenu pour une tentative de remplacement des formes post-structuralistes de la linguistique, par des modles analytiques plus adapts aux phnomnes vivants observer. Cette tendance dialectique, qui fait la force de la thorie interprtative, sapparente vraisemblablement la dimension troisime qui fonde la logique peircienne. suite Il apparat que le modle interprtatif vient

sajouter un nombre non ngligeable de contributions qui revendiquent autre chose quun statut linguistique pour la traductologie, cette autre chose prenant en loccurrence des allures foncirement smiotiques, mme si dans le cas prsent, lauteur ne recourt pas explicitement ce terme. suite Cest dans un monde qui se rtrcit chaque jour , o les civilisations se rapprochent en

suniformisant , et o la traduction joue un rle mconnu que Marianne Lederer parachve La traduction aujourdhui, en indiquant que la rigueur pistmologique requiert une union dialectique de la thorie et de la pratique, dont la teneur conditionne le rle de gardiens, de protecteurs et de propagateurs des cultures du monde qui incombe aux traducteurs. suite Les conclusions sur lesquelles dbouche la thorie de lE.S.I.T. entraneraient

vraisemblablement une adhsion unanime de la communaut peircienne. On pourrait se hasarder avancer que la thorie interprtative participe de la smiotique peircienne sans le savoir. 4. Le cheminement thorique d'un professionnel. (Bleton 1991) Dans Le Compte-rendu du sminaire de traduction de la Complutense, de mai 1991 lhispaniste Claude Bleton dgage nettement, partir de sa pratique, quatre lignes de force

permettant de nourrir une rflexion sur le travail de traducteur . La premire est une certaine connivence entre le texte et son futur traducteur , une complicit pralable indispensable qui peut aller jusqu la passion. On ne peut traduire un texte quon aime pas rappelle lauteur, avant de souligner quil est fondamental de montrer que lapproche dun texte se fait en profondeur suite Bleton tablit en second lieu qu une traduction ne

peut se passer dtre pdagogique. Parce qu elle doit aider le lecteur saisir dun seul regard une histoire et en mme temps la ralit dans laquelle elle a t conue et crite . A la recherche de cet quilibre, une traduction et cest le troisime point quil soulve doit sans cesse viser la plus parfaite cohrence , en sefforant de se constituer en tout parfaitement autonome, dans les limites troites offertes par la difficile transposition dune culture dans une autre. suite

Dans cette optique, la qualit dune traduction, toujours difficile valuer, dpend essentiellement du choix du registre et de la faon dont le traducteur matrise celuici. Enfin, la quatrime ligne de force qui se distingue est la complicit qui lie intimement les deux lments du couple auteur/lecteur , et Bleton reconnat quil aurait peut-tre d aborder ce point en prambule , pour mettre en relief le fait que la lecture est un pacte de confiance entre le lecteur et son auteur . La traduction fait irruption dans cette intimit suite Plus prcisment, Bleton considre que le but de la

traduction est de donner lillusion de recrer ce fameux couple, ou plutt, il prcise que cest ainsi que le conoivent ceux qui ne remarquent pas limportance du traducteur dans la vie du langage. Lillusion est ncessairement illusoire; en revanche, dfinir la traduction comme la recration du rapport de confiance entre le lecteur et son auteur tmoigne dune dmarche en profondeur qui se dmarque des courants linguistiques dominants. Recrer le mme rapport en franchissant des frontires culturelles, ce mme quon recre dans un autre, est envisag comme lobjectif que le traducteur se doit datteindre.

suite La traduction est un tout, et Bleton semble insister sur ce point, comme si implicitement il rcusait lui-aussi les dichotomies linguistiques en leur substituant des perspectives plus englobantes. Cette touche finale, et sa dfinition de la traduction, laissent penser que lauteur se dtourne sensiblement de la mouvance traditionnelle, pour orienter ses rflexions dans le sens dynamique dune logique dialectique rapprocher de la philosophie du signe triadique.

suite En effet, les trois lignes de forces quil distingue car la quatrime est en fait un prambule la premire, savoir (1) la connivence texte/traducteur (quintroduit la complicit auteur/lecteur), (2) le caractre pdagogique, et (3) la vise cohrente, peuvent raisonnablement tre tenues pour la primit, la secondit, et la tiercit du travail de traducteur, ou tout au moins pour les chos dune dmarche qui sinspirerait dune logique triadique semblable la smiotique

peircienne. suite Nous retiendrons donc de ces quelques pages crites par un traducteur de mtier, la concision, la clart et la perspicacit avec lesquelles Claude Bleton met en vidence la dynamique dialectique qui anime lactivit traduisante, et dont les linguistes ont tant de mal rendre compte, souvent gns leur insu par les dichotomies que leurs outils conceptuels prdisposent.

suite En revanche, le professionnel sur le terrain une vision plus raliste de son objet, quil se dcide cependant trop rarement tudier pour avoir dj bien en main ne serait ce quune terminologie adquate. Mais dans un registre assez littraire pour un compte rendu, et avec une certaine loquence, Bleton a su mettre en lumire lessentiel du phnomne traductologique, et ses perspectives semblent contribuer tablir dfinitivement lorientation de plus en plus marque des recherches en traduction vers autre chose que la dualit linguistique.

Devoir: Dissertation: Dressez 3 schmas graphiques diffrents qui reprsentent les postulats thoriques de Larose, Selescovitch&Lederer et Bleton. Conditions: volume une page A 4, caractres 14 Times New Roman, espace 1,5. Envoi par Internet ladresse [email protected] Joindre au portfolio de lexamen.

Recently Viewed Presentations

  • Regulatory Landscape for Novel Polymers

    Regulatory Landscape for Novel Polymers

    Regulatory Landscape for Novel Polymers. International Conference and Exhibition on Biopolymers and Bioplastics. August 12, 2015. ... In the United States, the vast majority of new chemical substances are regulated by two federal agencies and three statutes:
  • 3.06 Acquire foundational knowledge of business laws ...

    3.06 Acquire foundational knowledge of business laws ...

    3.06 Acquire foundational knowledge of business laws & regulations to understand their nature & scope. ... Uniform Commercial Code (UCC) - Sale and lease contracts ... 3.06 Acquire foundational knowledge of business laws & regulations to understand their nature &...
  • Chapter 1 ENERGY ECONOMICS AND POLICY 1 2

    Chapter 1 ENERGY ECONOMICS AND POLICY 1 2

    A therm is 100,000 or 105 Btu. mmBtu. represents one million or 10. 6. Btu. A quad (quadrillion) is 1,000 trillion or 10. 15 Btu. or 1,000,000,000,000,000 Btu. A stack of one trillion dollar bills (no air spaces
  • 490MIC SCIENTIFIC COMMUNICATION Preparing a Research Proposal 5T201

    490MIC SCIENTIFIC COMMUNICATION Preparing a Research Proposal 5T201

    What is a research proposal. A proposal is a request for support of sponsored research, instruction, or extension projects. A PROPOSAL IS NOT A MINI-RESEARCH PAPER. The proposal is to sell your idea. So you need to convince your funding...
  • Crop Production Ideas - WSU Extension

    Crop Production Ideas - WSU Extension

    Use of existing infrastructure. ... Click on image to start video. Aquaculture. Requires water resources. ... Viva Farms, Skagit. Crop Insurance and Taxes - October 26, Viva Farms, Skagit. Women in Sustainable Agriculture Conference - Nov 30- Dec 2, Portland,...
  • The Course of Action Challenge Problem (COA CP)

    The Course of Action Challenge Problem (COA CP)

    The Course of Action Challenge Problem (COA CP) Basic Stuff COA CP replaces the BS CP SME's author COA's and the knowledge used to critique them SHAKEN must acquire this knowledge from SME's and automatically generate critiques of COA's What's...
  • Preservation in Digital Libraries - Rutgers University

    Preservation in Digital Libraries - Rutgers University

    Digital Preservation - Outline Introduction - Definitions, Facts, Challenges Digital Archiving - A Life Cycle View Metadata Strategies RUL Projects
  • Chapter 2

    Chapter 2

    Chapter 2 Preparing and Serving Safe Food